Rechercher dans ce blog et le site associé

jeudi, juin 21, 2007

First Cask: A qui appartient cette collection?

Après avoir dégusté deux excellents échantillons (Caperdonich et Caol Ila) portant le label "First Cask", je me suis mis à la recherche d'informations concernant le propriétaire de cette marque. Et qui cherche trouve...
Il s'agit en fait d'une collection appartenant à un importateur hollandais nommé "Whisky Import Nederland"(WIN).
Un importateur qui est apparu récemment sur le marché. Il s'agit en fait de passionnés de single malt qui ont répondu favorablement à l'invitation de Charles MacLean de fournir le marché néerlandais en Adelphi (embouteilleur indépendant dont les fûts sont sélectionnés par le célèbre auteur de livres sur le whisky et Malt Maniac Charles Mac Lean). Les fondateurs de WIN, Jan Kok et Marcel Bol sont tous deux Keeper of the Quaich.
Outre la gamme Adelphi, ils importent encore entre autres Berry Bros & Rudd et James Mac Arthur.
Ils ont décidé de lancer leur propre sélection sur le marché. Et cette sélection est excellente. Longue vie à WIN...

samedi, juin 16, 2007

Caol Ila 1982-2007 First Cask

Après l'excellente surprise de cet échantillon de Caperdonich 1982-2006 qui m'est heureusement passé par les mains, voici un autre whisky de la même collection, dont je ne sais toujours pas plus..
Il s'agit cette fois d'un Caol Ila de 1982 mis en bouteille en 2007 à 60,8% et issu du fût portant le numéro 741.

  • Le nez est très franc et direct. De la tourbe et de la fumée. Une belle tourbe grasse qui laisse passer de belles odeurs fruitées derrière un imposant rideau de fumée. On devine même une certaine fraîcheur, mais celle-ci est assez difficile à cerner derrière toute cette armure de tourbe.
  • En bouche, c'est vraiment très onctueux, sans aucun problème dû au taux d'alcool élevé. Un voyage entre la tourbe et la fumée en passant par de belles notes fruitées et d'autres à la limite du chocolat. De discrets relents d'agrume sont présents aussi.
  • La finale est très longue et chaude. La tourbe est bien présente, mêlée à une belle fumée et quelques relents de fruits trop mûrs. Magnifique finale, tout en longueur et nuances.
Décidément il va falloir que j'en sache plus à propos de cette collection qui semble vraiment excellente.
Ce joli Caol Ila mérite un peu plus que le 18/20 que je lui décerne...

Caperdonich First Cask 1980-2006

J'ai eu la chance de recevoir un échantillon de Caperdonich "First Cask" titrant 56,8%. Ce whisky a été distillé en 1980 et mis en bouteille en 2006. Le fût porte le numéro 7346.

Embouteilleur: Voici un embouteilleur que je ne connaissais pas jusqu'ici. Je n'ai pas réussi à trouver plus de renseignements à son propos. Dès que j'en sais plus, je publierai toutes les informations à ma disposition.
N'hésitez pas à me contacter si vous en savez-plus sur cet embouteilleur, ou alors (encore mieux...) ajoutez un commentaire à cet article.

  • Nez: Un très beau nez, franc et massif, avec de très belles notes maltés mêlées à toute la fraîcheur de la menthe et de l'herbe coupée. Un soupçon de levure derrière les notes printanières. Au nez, ce whisky semble avoir énormément de caractère.
  • En bouche, un étonnant mélange de douceur et d'amertume. Un véritable feu d'artifice en bouche. Les papilles ne savent plus où donner de la tête.... Entre la noix et le bois d'un côté et entre le malt et les herbes aromatiques de l'autre. Très complexe, une palette de goûts très large. Vraiment excellent.
  • La finale est extrêmement agréable également. Une dominante boisée bien tempérée par des notes maltées. Cette finale est exceptionnellement longue. Vraiment une très bonne bouteille.
Voilà qui me fait regretter encore plus le fait de ne rien connaitre de cet embouteilleur...
Cette bouteille mérite amplement un 18/20

lundi, juin 04, 2007

Islay: une nouvelle chasse l'autre ou "La renaissance de Port Charlotte"

Après les nouvelles alarmantes concernant l'approvisionnement en pétrole de l'Ile d'Islay, voici une nouvelle nettement plus réjouissante: la première pierre de la nouvelle distillerie Port Charlotte a été posée.
La nouvelle distillerie dont les travaux ont été inaugurés le 27 mai 2007 devrait ouvrir ses portes dans deux ans jour pour jour, le 27 mai 2009.
La nouvelle distillerie Port Charlotte sera construite à l'emplacement même des chais de l'ancienne distillerie Port Charlotte, également connue sous le nom de Lochindaal, Rhinns ou Rhins. Cette dernière fur créée en 1829 par Colin Campbell et après bien des changements de propriétaire finit par tomber dans le giron de DCL (qui allait devenir bien plus tard Diageo) en 1929. Les derniers propriétaires n'allaient pas tarder à la démanteler puisque cela fut fait au cours de la même année.

Ce sera la seconde distillerie resuscitée par la dynamique équipe à la tête de Bruichladdich en moins de 10 ans.
Bravo Bruichladdich. En espérant que le problème de l'approvisionnement en pétrole sera solutionné d'ici-là...

samedi, juin 02, 2007

L'avenir du whisky d'Islay dépent-il de 3 centimètres?


Suite aux désastreuses conséquences d'accidents majeurs comme ceux de l'Érica et de bien d'autres pétroliers qui se cassent comme des coquilles d'oeuf au milieu de l'Océan, les autorités européennes ont pris des mesures. Une de ces mesures est l'adoption d'un règlement obligeant les pétroliers à se doter de doubles coques, ce qui les rend moins vulnérables. De plus, cela a l'avantage de supprimer tous les vieux navires, poubelles flottantes aux mains d'armateurs peu scrupuleux. Tant que cela flotte...
Mais ce réglement européen a des conséquences inattendues dans des domaines qui apparemment n'ont que de rapport avec le pétrole.
En préparation de ce nouveau réglement, les autorités régionales qui ont la gestion des infrastructures de l'ile d'Islay dans leur portefeuille (lequel est bien dégarni...) se sont vues obligées de faire d'importantes modifications dans les jetées où acostent les pétroliers sur l'Ile.
La double coque rendant les bateaux plus lourds, leur tirant d'eau augmente également. Dans des baies sablonneuses comme Loch Indaal sur Islay, cela peut avoir de sérieuses conséquences. Ainsi, la profondeur de la mer près de la nouvelle jetée est de 5 mètres. Le tirant d'eau des mini-pétroliers qui approvisionnent l'Ile en pétrole est de 4,97 mètres. Il n'est donc pas rare que le bateau racle le fond...
C'est très risqué, et les armateurs ne sont pas prêts à prendre de risques. Donc, ils ne naviguent que par beau temps (et ce n'est pas très fréquent dans cette partie de l'Océan Atlantique) et jamais à pleine charge.
Résultat: depuis le début de cette année, l'Ile a été à court de pétrole à 3 reprises déjà.
Or de gros consommateurs de pétrole sont les distilleries qui en dépendent pour le chauffage de leurs alambics. Pas de chaleur, pas de distillation. Pas de distillation, pas de whisky.
Conséquences prévisibles: une nouvelle augmentation du prix du whisky d'Islay. Il n'avait pas besoin de ce coup de pouce de 3 centimètres pour s'envoler. Il a prouvé ces derniers mois qu'il pouvait parfaitement se débrouiller sans aide pour augmenter sensiblement.
Ce n'est pas cette affaire de jetée qui va arranger les choses. Il faudra bien un jour ou l'autre prendre des mesures pour éviter à l'ile de se trouver régulièrement en situation de pénurie de pétrole. Cela pourrait prendre la forme du désensablement du Loch Indaal... Pas bon marché non plus. Faudra bien que quelqu'un paye.
Et d'ici que certains distillateurs n'utilisent l'argument des difficultés engendrées par cette jetée pour augmenter le prix de transport pour l'exportation du whisky, il n'y a qu'un pas...
J'espère ne pas leur avoir donné d'idée...

Single malt: le salut viendra-t-il de l'humour des indépendants?


Ardbeg nous a habitués depuis pas mal de temps à du whisky de grande qualité. Et un marketing à la hauteur de ses ambitions...
On commence à manquer de 10 ans? Pas de problème! Faisons patienter les amateurs en leur offrant des versions plus jeunes, et créons un besoin chez les collectionneurs.
Quel collectionneur digne de ce nom pourrait se permettre de ne pas posséder toute la série annonçant en grande pompe le futur 10 ans?

...Very Young,
Still Young,
Almost There...

Et pendant ce temps, les prix continuent à augmenter allègrement. Et l'arrivée du numéro 1 mondial du luxe à la tête de la distillerie ne va pas arranger les choses. Dans le monde du luxe, plus c'est cher, mieux cela vaut. Je tiens de certaines indiscrétions au niveau du marketing de LVMH que l'intention du groupe est d'arriver à vendre le 10 ans d'Ardbeg aux environs de 70 euros... Belle inflation.

Alors, je ne peux qu'applaudir devant l'excellent sens de l'humour de "The Nectar, Belgium" et de "Bresser & Timmer, Nederland" quand ils sortent à un prix très raisonnable un cask strength (à 62.6%!!!) qui se nomme Still Very Young Islay Single Malt...
Bravo, c'est du grand art.
Cette sélection a éte faite pour Daily Dram et The Whisky Fair.
Reste à voir s'il est aussi bon que drôle et financièrement abordable...

Voici donc mes premières impressions:

  • Un nez très "Ardbeg"... Une belle tourbe grasse, de la fumée, de belles odeurs fermières, la chaleur du foin mêlé aux odeurs du bétail, de l'iode, une pointe d'agrumes dissimulée derrière tout cela; le tout bien balancé annonçant un excellent whisky.
  • En bouche, il ne cache pas sa force. On ne titre pas plus de 62 degrés impunément . Ceci dit, un palais habitué aux bruts de fût s'en sort sans trop de dégats... Belle complexité, avec des belles notes de noisette mêlées à des relents fruités, des impressions de café, de moka. Quelques gouttes d'eau lui font le plus grand bien. A mes papilles aussi, d'ailleurs. L'eau lui permet de réveler pleinement ses notes de fumée et la complexité en bouche en est renforcée. Il devient tout d'un coup d'une grande douceur et les notes de noisette évoluent en amertume pour évoquer un bois fin.
  • La finale est longue, et le doux souvenir de l'étable bien chaude au bord de la mer prolonge le plaisir durant de longues minutes.