dimanche, avril 12, 2009

Une distillerie traditionelle de Belgique

La distillerie Radermacher est une distillerie traditionnelle qui fut fondée en 1836. Elle est située dans la partie germanophone de Belgique, dans une petite ville qui a conservé un caractère médiéval: Raeren.

Cette vieille distillerie produit des alcools de fruit mais aussi des alcools de grain.
Une série d'alcools de grains produits par Radermacher attira mon attention de whiskyphile. Cette série s'appelle Lambertus, single grain whisky.
Le magnifique L gravé sur une bouteille très élégante et originale donne le ton: originalité et élégance...

D'abord un mot sur la bouteille.
D'une rare élégance, cette bouteille possède une forme unique. Ovale à la base et ronde au sommet tout en gardant une belle allure conique.
Bouteille originale et soignée.
La bouteille ci-contre est un new make spirit tel qu'au sortir de l'alambic. Il n'a pas été vieilli dans un fût de chêne et a été dilué et son taux d'alcool a été ramené à 40%.
C'est d'ailleurs aussi le cas pour son frère aîné qui lui a passé une dizaine d'années dans un fût de chêne dont l'origine n'est pas spécifiée dans la documentation, mais que je suppose être neuf, de par l'intensité des arômes transmis.
Ces alcools de grain ont été distillés dans l'alambic à colonne de la distillerie. La distillerie n'a pas voulu suivre la mode actuelle du single malt mais a cherché à rester dans le cadre de son savoir-faire et a donc opté pour le single grain.
Dans le monde des amateurs de whisky (cet alcool de grain ayant séjourné plus de 3 ans en fût de chêne a droit à l'appellation "whisky"), le grain fait encore figure d'enfant pauvre. Les millions de litres de whisky de grain produits en Ecosse servent en grande partie à harmoniser les whiskies de malt (qui sont plus capricieux et montrent plus de caractère de par le procédé de distillation) et produire des produits standardisés, commericalisés sous l'appellation "blend".
Pas tellement un produit en soi, mais plutôt un ingrédient d'un produit fini.
A de rares exceptions près, l'immense majorité des whiskies (en dehors des blends) embouteillés en Ecosse sont des single malts. On trouve cependant de magnifiques versions de vieux grains chez les embouteilleurs indépendants. Des alcools âgés bien souvent de 30 à 40 ans. Il semble qu'il leur faille ce nombre d'années en fût pour produire leurs arômes propres. Il existe ainsi de belles versions de Dumbarton, North of Scotland et autres Inverleven.
Mais encore une fois, ces alcools sont vieux et les fûts ont été sélectionnés pour leur qualité individuelle. L'âge d'un whisky étant déterminé par leur plus jeune composant, il est norma que les whiskies de grain soient vieillis tout comme les malts. Un Johnie Walker Blue Label est un 30 ans d'âge, et donc contient des grains de 30 ans également.
Mais assez parlé des whiskies écossais...
C'est la Belgique qui nous occupe ici pour le moment.
J'ai donc dégusté ces 3 alcools.


Je commence par celui qui est le plus proche de ce que je connais: le Lambertus Single Grain Whisky 10 ans.
La première chose qui saute aux yeux est le soin extrême apporté au moindre détail de
l'embouteillage et de l'étiquette. Reste à voir le produit lui-même (attention que le jugement est porté par un habitué des eaux de vies écossaises).
Nez
Ce whisky est extrêmement parfumé. Trop parfumé à mon goût. D'intenses notes florales, des relents de café au lait sucré, du fruit très mûr. Bref beaucoup d'arômes doux.
Bouche
Enbouche ce whisky n'a rien perdu de ses arômes qu'il présentait déjà au nez. Une intense impression de réglisse et une fois encore du sucre et du fruit mûr. L'ensemble hyper-parfumé aurait pu être nettement plus attrayant pour un amateur de whisky si ce single grain n'avait pas été réduit aussi fort. Ce qui reste de ce concentrés d'arômes après dilution est une impression syropeuse qui aurait certainement été évitée si cette bouteille avait été commercialisée en brut de fût au au moins avec un taux d'alcool plus élevé. Il est évidemment plus difficile de vendre un alcool à 58% qu'un alcool standardisé à 40... Et cette eau de vie plaira certainement aux amateurs d'alcools de fruit, mais laissera une étrange impression de manque chez les amateurs de whisky.
Finale
La bouche est tellement douce et sucrée que cette impression syrupeuse continue à rester longtemps en bouche. Loin d'être désagréable en soi, mais tellement différente du plaisir que
l'amateur de whisky cherche dans les finales des single malts...
La conclusion générale est qu'il s'agit d'un alcool produit avec soin et qu'il est certainement intéressant et plaira sans doute aux amateurs d'alcools sucrés. Les amateurs recherchant un whisky en seront pour leurs frais...


Si j'ai une certaine habitude de déguster et de commenter les whiskies, fussent-ils de grain, il n'en va pas de même pour les new make (alcools non vieillis). Cette bouteille serra l'occasion d'explorer de nouveaux terrains. Un a priori au départ... L'arrière goût de la version 10
d'âge ne plaide pas en la faveur de ce très jeune alcool mais il ne faut éviter les préjugés.
Nez
Le nez est assez similaire à la version 10 ans au départ, mais il est cependant plus modeste quant aux arômes dégagés. En soi, une note encourageante, dans la mesure où l'aspect "surfait" du 10 ans d'âge me gênait un peu. De belles et plus discrètes odeurs de grain. Et de discrètes effluves fruitées.
Bouche
Ici aussi plus de modestie, même si le fruit et le sucre sont très présents. Ici aussi, la dilution aura fait perdre beaucoup de typicité à ce produit dont on devine également le savoir-faire du distillateur derrière chaque goutte du liquide. Cependant, ici aussi ce qui reste après dilution ne semble qu'un pâle reflet des qualités qu'on devine à la sortie de l'alambic.
Finale
Toujours ce long souvenir sucré... Cet alcool qui colle à la bouche, un peu comme les "gouttes sucrées" que buvaient nos grand-mères à la fin d'un repas de communion tandis que les hommes buvaient une quetsch en fumant leur cigare.

Reste la troisième bouteille de la série.
Il faut dire qu'après mes impressions concernant les deux premières, celle-ci me fait un peu peur... D'abord le nom... Moi qui aime les whiskies secs, celui-ci s'appelle "smooth". Ce n'est d'ailleurs pas un whisky, puis qu'il s'agit d'alcool de grain aromatisé (ce qui est interdit pour le whisky) et ramené à 35 degrés. Je crains le pire, mais mieux vaut ne pas anticiper les résultats de la dégustation.
Nez
On est dans un tout autre registre d'emblée.
On rentre dans le monde douceureux des liqueurs. De l'alcool de grain additionné de miel. C'est ce qui est décrit dans la documentation, et c'est effectivement ce qui marque le nez d'emblée. Il y a cependant un petit quelque chose de plus que le simple miel. Une odeur assez difficile à décrire, provenant probablement des aromates utilisées.
Bouche
Le sucre déferle d'emblée, et des goûts déjà remarqués dans les deux autres produits à savoir un reste de fruit trop mûr, mais le tout enrobé dans une gangue de miel. Ceci n'est pas une bouteille à mettre entre les mains d'un amateur de whisky. Mais ici aussi on retrouve tout le savoir-faire de l'élaborateur de cet alcool, tout le soin mis à sa création. Et cela doit sans contest plaire aux amaeurs du genre. Encore une fois, quelques degrés de plus l'auraient rendu plus agréable, quoi que dans le cas de cette liqueur, c'est irrécupérable (pour moi).
Finale

Cette impression entêtante d'alcool sucré continue de hanter la bouche durant de nombreuses minutes.Produit de qualité sans conteste, mais certainement pas destiné au petit monde des buveurs de single malt...

dimanche, juillet 20, 2008

Quand les distilleries sélectionnent des Single Casks: Glenfiddich

Dans la course aux embouteillages de haute qualité provenant d'un seul fût, Glenfiddich a décidé de ne pas être en reste, et la distillerie sortira à la fin de l'été une nouvelle version de leur "Vintage Reserve".

La sélection de ce fût qui sera présenté en grandes pompes par les ambassadeurs de la marque à partir de septembre et qui sera en vente chez les meilleurs cavistes au début de l'automne a été faite par un jury composé de Walter Schober, Erkin Touzmohamedov, Gavin Smith et Jim Bradley, qui sont pour les uns des journalistes spécialisés dans les alcool et le whisky en particulier et pour les autres des restaurateurs remommés de Londres et New York.
Une sévère préselection avait été faite au préalable par le maître de chai et son assistant: David Stuart et Brian Kinsman.
Ces derniers ont sélectionné 6 fûts (sherry) : 3 de 1975 et 3 de 1977.


La scéance a été filmée également. :



dimanche, juin 01, 2008

Dégustation de quelques nouveautés pour le marché Hollandais

Je viens de recevoir des échantillons de quelques bouteilles destinées au marché hollandais. Il s'agit d'embouteillages de Duncan Taylor et Gordon & MacPhail pour Van Wees.



Duncan Taylor

Glen Grant 1969-2008

Un nez qui dégage de tels relents épicés est assez rare. Des relents de sherry, beaucoup de poivre, un peu de bois, un soupçon de réglisse et du fruit mûr qui annoncent un grand whisky.
En bouche, la première impression est celle d'une amertume acide assez prononcée, des relents de levure et du bois relativement dominant qui évolue lentement vers plus d'équilibre . A la première gorgée, la bouche est assez décevante, mais elle évolue dans le bon sens. 
La finale est très longue, agréablement balancée entre les souvenirs de fruit et ceux du bois.  Plus agréable que la bouche.
Le nez et la finale sont excellents, l'impression en bouche est simplement bonne, sans plus.


Gordon & MacPhail (Collection Reserve)

Highland Park 1997

Un étrange nez dominé par des relents de levure masquant tant bien que mal des odeurs florales donne à ce whisky une odeur de sous-bois humide.
La bouche est relativement plus intéressante, malgré son goût relativement marqué par le bois , avec ses discrètes notes de bonbon contre la toux. Une indéniable présence d'alcool et quelques notes fruitées.
La finale est longue et chaude. Cette finale est nettement meilleure que la bouche. Dommage qu'il soit impossible de jouir de la finale sans le passage obligé par le palais...

Tamdhu 1973

Un nez relativement épicé, avec d'agréables relents de malt et un soupçon de fumée. Nez intéressant, mais par extraordinaire. 
La bouche par contre est très agréablement complexe, évoluant lentement vers des notes de sherry auxquelles se mêlent de légers relents de noix. De belles notes de fruits rouges légèrement acides(groseille) sont présentes aussi.
La finale est très longue et chaude, marquée par des notes de fruits mûrs et de très beaux souvenirs de noix.

Rosebank 1991

Une fraîcheur typique des Lowlands, herbe coupée et fruits mûrs (poire, banane), notes de menthe.
En bouche, un mélange de douceur sucrée et d'acidité agrumique, entre la mandarine et le citron. Très belle complexité et superbe évolution de l'agrume vers le fruit jaune nettement plus doux.
La finale est relativement longue et très fraîche avec des relents légèrement mentholés et les notes fruitées restent bien présentes. 

Glenturret 1998

Une désagréable odeur de levure ou d'insecticide en poudre domine le nez au premier abord. Et ce nez n'évolue que très peu  pour laisser transparaître quelques soupçons de fruit.
La bouche est un mélange de ce goût de levure et de fruits mûrs.
La finale est longue et chaude et toujours hantée par cette impression de levure et révèle le côté gras du whisky, qui était moins perceptible en bouche.

Benromach 2000

Un agréable mélange de fumée et de tourbe combinés à quelques odeurs d'étable annonce la couleur de ce whisky.
Une belle tourbe grasse domine la bouche par ailleurs très agréable. Pas très complexe mais de bonne tenue. Le taux d'alcool extrêmement élevé ne gâche pas le plaisir
La finale reste très grasse et est assez longue, prolongeant parfaitement les impressions du nez et de la bouche.


lundi, mai 19, 2008

Et si certains blends valaient les single malt...?

Lochside 1964, Single Blend (Scott's Selection)


Ce soir, le hasard de mes dégustations m'a conduit à déguster un blend... Bon, d'accord il s'agit d'un "single blend", c'est-à-dire un blend (mélange de whisky de malt et de whisky de grain) produit par une seule et même distillerie, en l'occurence Lochside. Il y avait un long moment que cette bouteille trônait sur mes etagères: Un Scott's selection, single grain Lochside 1964.
Je savais par avance que c'était un bon whisky. On m'en avait dit beaucoup de bien.
Mais de là à mériter (à l'aveugle) une cote de 20/20 (le maximum...) il y avait un sérieux pas.
Je l'ai franchi sans regret. Oui, je le crie haut et fort, ce Lochside 1964, single blend est fabuleux...!
Voici mes commentaires:

Un merveilleux nez bercé par de beaux relents de noisettes grillées et de sherry. Un nez tout en finesse et nuances. Un régal.
La bouche est très complexe et agréablement marquée par de discrets relents boisés, une pointe d'amertume et une pointe d'acidité, juste de quoi lui donner une très agréable fraîcheur sans rien lui enlever de sa maturité.
La finale est parfaitement dans le prolongement de la bouche. Un véritable régal, prolongeant le plaisir du nez et de la bouche durant de longues minutes.


Mc Daniel, 12 ans

Dans la foulée, je me suis dit que je pourrais très bien déguster un autre blend dont j'aireçu un échantillon récemment. Il s'agit d'un Mc Daniel 12 ans. J'en ignore tout, sauf qu'il doit s'agir d'une mise en bouteille des années 60... Inutile donc de se précipiter dans le premier super-marché pour s'en procurer une bouteille.

Un nez très équilibré et agréable avec des notes de malt et d'épices. Une fraîcheur fruitée assez intense. Une grande promesse de plaisir en tout cas.
En bouche, une très agréable impression de noix de cajou mélangée à du malt et une évolution vers des notes agrumiques très douces, et à la linite sucrées. La première attaque était extrêmement prometteuse, mais le développement en bouche semble aller dans un sens moins excitant. Cependant, le niveau reste très haut. Peut-être qu'une mise en bouteille à 46% aurait été plus satisfaisante. Je suppose qu'il s'agit d'un 40%. Ce whisky reste excellent, même s'il est nettement en retrait par rapport au Lochside... Mais la plupart des single malts aussi sont en retrait par rapport à ce dernier!
La finale est assez longue et très agréablement boisée. Une découverte...
Un bon blend peut donc être vraiment excellent. En voici la preuve.


dimanche, mai 18, 2008

Dégustation: 4 Alc-hem-ist


Après une longue absence sur ce blog (faute de temps, le site www.whisky-distilleries. info et son forum sont également de grands consommateurs de temps), voici quelques notes de dégustation d'un embouteilleur indépendant que je viens de découvrir: Alc-hem-ist.

Si cet embouteilleur est relativement nouveau sur le marché des alcools (et non seulement du single malt, puisqu'ils commercialisent aussi du Calvados et de l'Armagnac), son fondat
eur n'est pas un inconnu puisqu'il s'agit de Gordon Wright. Gordon est avec Mark  Reynier et Simon Coughlin le fondateur de Murray McDavid et est membre de la nouvelle équipe à la tête de la distillerie Bruichladdich. Gordon est un membre de la famille Mitchell, propriétaire de la distillerie Springbank. Tous les single malts sont embouteillés à 46 %.
J'ai eu l'occasion de goûter 4 single malts de cette série. Une impression générale est qu'il s'agit de whiskies de qualité à un prix auquel les marchands de whisky ne nous ont plus habitués ces dernières années: aux alentours de 45 euros, avec une exception qui est l'Apple Mac qui peut se trouver aux alentours 60 euros. Les prix que je cite sont seux de mon caviste Van Zuylen qui s'est fait une réputation internationale en matière de prix au consommateur.
Les bouteilles degustées sont: Highland Park 15 ans, Caol Ila 10 ans, et deux Macallan dont un de 15 ans et un autre de 16 ans (il s'agit d'une finition en fût de Calvados) et a été baptisé Apple Mac...


Highland Park, 15 ans
Un nez à la fois frais et fumé. Des odeurs de bruyère, et une étonnante fraîcheur mentholée et salée faisant penser aux bonbons "Fisherman's friend" font place au bout de quelques instants à une très agréable odeur de pomme verte.
La bouche est très fraîche, avec d'abord des relents d'herbe fraîchement coupée et légèrement sucrée qui évolue lentement mais sûrement vers des notes de noix de cajou et de fruit mûr. La texture en bouche est particulièrement grasse.
La finale est très longue et agréablement balancée entre des notes de noix et le chocolat.

Ce Highland Park est une excellente entrée en matière et donne une tres bonne idée du potentiel de la collection.
Caol Ila 1996 (10 ans)
Le nez est clairement marqué par une odeur de tourbe grasse et quelques relents marins . 
En bouche, une belle fumée et une belle variation sur un thème unique: la tourbe, même si elle est assez discrètement présente. Malgré une certaine monotonie, cette bouche ne manque pas de complexité. Agréable et douce.
La finale est assez longue et reste dans le même registre, ce qui lui donne un beau caractère de douceur. 
Macallan 1990 (15 ans)
Un nez fruité et malté à la fois, avec des relents de chocolat assez discrets.
La bouche et dominée par d'agréables notes de prunes cuites et de chocolat. Etonnante bouche, agréable et assez complexe, même si elle reste sur un registre assez limité de goûts.
La finale est longue et chaude, et le souvenir des notes chocolatées continue à hanter le palais pour de longues minutes. 

La dernière bouteille de la série fut aussi la seule déception. Mais probablement que ceci est dû au fait qu'il s'agit d'une finition, et que je suis loin d'être un fan de cette pratique.

Macallan 16 ans, Apple Mac (finition Calvados)

Un nez d'une fraîcheur digne d'un excellent Lowlands. Foin et pomme verte, relents de fumée.
La bouche est assez complexe, dominée par un doux mélange de pommes et de malt et de caramel. et semble n'avoir que peu de rapports avec le nez. Etrangement complexe et assez éloigné des macallans traditionnels.
La finale est assez envahissante, avec ses arrière-goûts de caramel entremêlés de soupçons de chocolat et de noix. Cette finale jure avec le reste de la dégustation et est à la limite de l'agréable.

samedi, janvier 12, 2008

En guerre contre la contrefaçon




Le monde du whisky et en particulier celui des ventes sur internet (ebay, etc...) n'échappe pas au fléau de la contrefaçon. Des individus peu recommandables ne se gênent pas pour vendre de soi-disant bouteilles de collection au prix fort.. Et il n'est pas rare que ces flacons ne contiennent pas ce qui est annoncé sur l'étiquette.
Les Maltmaniacs ont déclaré la guerre à ces bandits et sont occupés à créer une liste noire des vendeurs douteux sur internet.
Si vous voulez vous associer à cette guerre sans merci, merci de vous rendre sur http://www.whiskyfun.com/war.html Le site de Serge Valentin est en anglais, mais surtout n'hésitez pas à lui communiquer vos propres expériences en français. Il se chargera de la traduction le cas échéant.

mardi, janvier 01, 2008

Golden Cask: quelques échantillons dégustés dernièrement.

S'il existe une légende vivante dans le monde de la distillation en Ecosse, c'est certainement John McDougall. Toute une vie passée dans l'industrie du whisky. Directeur de distilleries aussi prestigieuses que Springbank ou Laphroaig, John a également collaboré de près ou de loin à la vie d'une vingtaine d'autres. Pour plus de renseignements à propos de John McDougall, je vous renvoie à la page correspondante du site.
Il est devenu embouteilleur indépendant et commericalise plusieurs gammes de whiskies dont une qui s'appelle "Golden Cask". Cette gamme est commericalisée à des prix très raisonnables, et ne constitue donc pas non plus le haut de gamme de John McDougall.
J'ai eu l'occasion de goûter plusieurs whiskies de cette gamme, et je veux vous en faire profiter ici de mes impressions:



Caol Ila 1996. Golden Cask. (10 ans, 58.5%)
Un très beau nez très typique de la distillerie: tourbe et fumée à profusion. La mer n'est pas loin non plus. Jusque là, un grand classique.
En bouche, toute la chaleur d'un Caol Ila, avec ses notes fumées et tourbées et en plus de fraîches notes agrumiques . Pas une exceptionnelle complexité, mais un bon whisky malgré tout.
La finale est très longue, avec toujours ce petit mélange de fumée, de tourbe et d'embruns en mémoire. L'alcool reste malheureusement assez présent tout au long de la dégustation, Ce whisky mérite quelques gouttes d'eau et certainement une autre dégustation...!

Macduff 1984 Golden Cask (23 ans, 55%)
Des fleurs et du malt caractérisent ce nez au premier abord. De belle notes épicées ne tardent pas à faire surface avant de faire place à des relents frais entre l'herbe coupée et le fruit mûr. Le nez est agréablement complexe.
En bouche un étonnant mélange de notes acides (agrume), de notes légèrement boisées (noix) et un solide fond de malt pour harmoniser le tout. Pas de complexité excessive, mais un très bon whisky
Une belle finale très agréablement chaude et relativement longue qui prolonge le plaisir de la dégustation.

Macallan 1987, Golden Cask (19 ans, 54,7%)
Un beau nez marqué par le sherry, comme Macallan en a le secret. Quelques notes de chocolat et un très léger soupçon de fumée. Pas d'agressivité.
En bouche, toute la chaleur du sherry avec une pointe légèrement boisée, et hélas une prédominance marquée de l'alcool. Dommage, parce que cela masque toute la complexité sous-jacente. L'ajout de quelques gouttes d'eau lui font le plus grand bien.
La finale est longue et agréable, marquée par un mélange de sherry et de boisé assez fin. Le souvenir de l'alcool est cependant encore très présent

Une seconde dégustation quelques jours plus tard a confirmé les impressions du nez. Très doux et très agréablement marqué par le sherry. Un léger voile, un soupçon d'odeur de moisi probablement dû à l'absence de filtration à froid n'enlève rien au plaisir bien au contraire.
La bouche reste tout aussi agréable, et le caractère dominant de l'alcool semble s'être estompé avec l'aération de la bouteille au bout de deux jours. Agréables notes légèrement chocolatées, avec toujours ce sherry qui est bien présent.
La finale est également plus sage que lors de l'ouverture de la bouteille. Un bon macallan.

Tobermory 1996. Golden Cask (10 ans, 60%)
Une odeur nettement animale avec des relents de levure. Un mélange de jeune cuir et d'étable. Très légers relents de fumée.
La bouche est très agréable, et le fort d'alcool ne gêne en rien. Belle complexité alliant les notes de cuir et de viande à d'autres légèrement tourbées et marines.
La finale est agréablement longue et chaude et le souvenir de ce whisky assez étonnant reste longtemps en bouche


Bladnoch. John McDougall selection 1990 (17 ans, 54.2%)
Un nez d'une très belle fraîcheur, alliant des notes d'herbe coupée, de foin et de menthe. Une légère odeur un peu moite plane sur ce whisky, et en amplifie encore le plaisir. En bouche, c'est très proche de l'alcool de poire au premier abord, et le goût évolue ensuite vers des notes légèrement plus amères sans toutefois enrichir considérablement la palette gustative. Le nez était très prometteur, la bouche est moins intéressante La finale est chaude et relativement longue, et des relents fruités restent discrètement présents. Il ne s'agit pas du genre de finale spectaculaire comme d'autres Bladnoch peuvent nous offrir.